octobre 2008

2 octobre
2008

Actualités

L'ECLAT DES TENEBRES

Fabienne Brioudes directrice du centre culturel d'agglomération Balavoine, accueille mon travail de plasticien à l'occasion de l'ouverture de la saison de son centre à ARQUES près de St Omer.

La Présentation des œuvres se réparti entre deux lieux, le hall du centre culturel et une salle d'exposition dite "lieu créatif". Si vous passez à Arques pour voir mon travail, il faut savoir qu'il sera difficile de voir les deux espaces car ils n'ouvrent pas en même temps, la salle d'exposition est ouverte du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 18h, le centre n'est ouvert que lors des spectacles, éventuellement sur demande. En fait, l'exposition s'adresse particulièrement aux spectateurs du centre Balavoine et à des scolaires dans le cadre d'animations.

Pour le vernissage de l'exposition, Fabienne Brioudes a écrit ce texte élogieux et pénétrant sur les œuvres exposées, qu’elle en soit remerciée. Il servira, ici, de légende aux photographies.

Merci d'être avec nous, ce soir pour ouvrir ensemble ces 19 èmes Fêtes de la danse, la saison 2008-2009 et partager notre regard devant les œuvres de Serge Boularot. … / …

Si les œuvres de Serge Boularot sont dans l'attente, Les chorégraphies de ce soir seront mouvantes, Rares Différences rendra hommage au sculpteur Rodin, et le solo de Pal Frenack, dansé par Lisa Kostur sera entre attente et mouvement intérieur.

En cette fin de journée, les œuvres de Serge Boularot vous attendaient et vous accueillent.

Le corps humain est fait de vide et de plein, de rugosité et de peau lissée.

Confrontations de corps, de mouvement et d'immobilité. Mouvement du corps de l'artiste et suspension de l’œuvre.

Le corps dansant traverse l'espace, la statue occupe l'espace.

La danse colle au temps de la musique, la sculpture nous donne du temps pour regarder.

Dans les œuvres de Serge Boularot, le vide et le plein se confrontent, s'affrontent, se questionnent.


Les cages thoraciques s'ouvrent vers le ciel, espérant quelque chose, assises sur des bassins et des jambes solides et en correspondance avec la terre. Les cœurs carrés ou ronds interrogent en s'offrant à notre regard. Les bases des sculptures sont sûres d'elles-mêmes, inébranlables et portent au dessus d'elles le doute, l'hésitation, l'esquive, l'ouverture vers de multiples questions.

Pour moi, point de douleur dans cette cavité du cœur et de l'organe du souffle, à s'ouvrir comme cela au monde, parce que le corps du danseur est voué à s'ouvrir aux spectateurs, c'est-à-dire à s'offrir à nos yeux. Les sculptures et les dessins offrent, comme le danseur son imaginaire, sa force et sa faiblesse, tout ce qui fait que le corps sera oublié pour ne laisser que la trace du mouvement.

Ainsi ces sculptures pourraient offrir leurs organes vitaux en gage de bon augure, mais aussi leurs secrets, leur amour à un ciel prometteur, aux regards attentifs ou étonnés.

La peau céramique granuleuse, lisse ou sinueuse, garde des secrets. Obscure, pénétrée de traces et d'empreintes de vie.

La couleur fait appel aux nuits tourmentées, à l'absence de lumière. C'est dans la nuit que les secrets sont révélés, que les rêves naissent. L'obscurité du Raku, témoigne du passage du feu et de la carbonisation, la trace de la force et de la chaleur.

Sculptures et peintures fortes sur leurs jambes, solides et décidées sont l'écho des corps en mouvements, luisant, brillant sous les lumières, du plateau du festival. Peintures à l'huile et acrylique, donnent un écho gigantesque aux statuts à taille humaine.

Corps masculins, immenses et suspendus, donnent l'illusion d'un paysage lointain. Leur grandeur habite l'espace du hall, mais nous élève vers le haut. Parfois fragiles, parfois solides, en fonction de la touche et du chromatisme, l'émotion naît de l'attitude et de la pose.


Ce soir cela fera 9 ans, depuis décembre 1999, que le centre culturel a ouvert son activité culturelle. Dix ans durant lesquels, 10 personnes ont travaillé et ont rendu possible l'aventure De ce théâtre, de ces expositions et de ces festivals. A ce titre je voulais remercie toute l'équipe, les intermittents, les anciens membres du bureau et les nouveaux, le Président Monsieur Alain Bultez toujours présents chaque mois qui depuis ces 9 années ont fait tourné la machine et sans qui cette fabuleuse expérience théâtrale ne pourrait pas lieu.

Il fallait pour rendre hommage à ces neuf années là, toute la force et la beauté des œuvres d'arts plastiques de Serge Boularot…

Fabienne BRIOUDES